Blog bilingue occitan-français abordant les thèmes de la cuisine, du point compté, de l'Occitanie en général...
Pour changer un peu du traditionnel agneau « pascal », cette année je me suis lancée dans un « koulibiac de saumon »
Alors, pour bien me souvenir du voyage du saumon, du vrai, du sauvage, celui qui remonte le gave après un an parti dans les mers lointaines et qui revient, têtu, au lieu où il est né, à Bedous, pays de bouleaux et de bergers... je vous offre les paroles en occitan de Gascogne (béarnais) écrites par Jan de Nadau ; la traduction est là :
http://www.nadau.com/paroles.php?lyrics=14_05&id=202
Que soi vadut en heurèr, leugèr, En Bedós, país d’aulhèr, leugèr, On lo gave e cor un drin mei doçamernt, Leugèr, leugèr, leugerament. N’èi pas sentit lo temps, Qu’i demorèi ua annada, Que partí au primtemps, Cap tau cap de la mar grana. La baish a la mar grana, I a un país tot blanc L’aigueta qu’i ei clara, Lo hred n’ei pas maishant. Partir entau gran viatge, A noste qu’ei la lei, Que’m voi guardar sauvatge, Sorelh, sorelh, sorelh. Partir non sèi perque, Partir permor qu’ac cau, Partir dab lo sovier Un bròc qui herà tostemps mau. Deishatz lo men saunei Anar tà la sau de la mar, Tostemps qu’i crederèi, Dab jo tostemps que tornerà. E puish voler un dia Tornar trobar l’arriu, Quitar lo qui t’espia Nadar a contre briu. Tornar non sèi perque, Tornar permor qu’ac cau, Permor d’aqueth sovier, Lo bròc qui tostemps a hèit mau. Be n’ei long aqueth viatge, Tant e tant de hialats, Tant e tant de barratges, Combat, combat, combat, E cent còps qu’èi sautat, Cent còps arrecadut, E cent còps alebat, Que passarèi, que’n soi segur. E qu’arribarèi parièr, leugèr, En Bedós país d’aulhèrs, leugèr, On lo gave e cor un drin mei doçament, Leugèr, leugèr, leugerament. Un darrèr còp aimarèi, Tà’m trufar deu temps qui passa, Un darrèr còp semiarèi, E que deisharèi la plaça.
Comme il est long, le voyage, J’en ai passé des filets, Tant et tant de barrages, Combat, combat, combat. Et cent fois j’ai sauté, Cent fois retombé Et cent fois blessé, Je passerai, j’en suis sûr. Et j’arriverai, quand même, À Bedous, pays de bergers, léger, Où le gave court un peu plus doucement, Léger, léger, légèrement. Une dernière fois j’aimerai, Pour me foutre du temps qui passe, Une dernière fois, je sèmerai, Et je laisserai la place.
Or donc, revenons à notre koulibiac, d'origine certainement russe, adapté à aujourd'hui.
J'ai donc pris 700 g de saumon frais, 300 g d'épinards frais, 300 g de champignons de paris frais, 150 g de riz, deux pâtes feuilletées rectangulaires et 6 œufs.
Il suffit de blanchir puis de bien essorer les épinars à l'eau bouillante (5 minutes), de mettre le saumon dans un court-bouillon froid que l'on portera doucement à ébullition (10 minutes) ; dans le même bouillon, faire cuire le riz (le temps prévu sur le paquet). Égoutter tous ces éléments et faire durcir les œufs, les passer sous l'eau froide et les écaler ; faire roussir les champignons avec une échalote émincée ; passer épinards et champignons au mixeur avec 2 cuillerées à soupe de crème épaisse et le jus d'un demi citron ; puis, attendre le lendemain.
Ce matin donc, j'ai mélangé tous mes éléments cuits (sauf les œufs) dans un grand saladier. J'ai posé une première abaisse de pâte dans mon grand moule rouge rectangulaire (en gardant le papier sulfurisé) sur laquelle j'ai étalé à peu près la moitié du mélange saumon-épinards-champignons-riz ; j'ai posé par-dessus et bien serrés, les œufs durs et j'ai recouvert avec le reste de mélange. J'ai bien tassé tout cela et j'ai couvert le tout avec la deuxième pâte feuilletée. J'ai « bordé » tout le tour avec du blanc d'œuf qui colle bien, j'ai dessiné, de la pointe d'un couteau, des semblants d'écailles de poisson, badigeonné le tout d'un jaune d'œuf battu avec un peu d'eau salée... et zou, au four (200° et 45 minutes + un quart d'heure four éteint).
J'ai servi avec de la crème fleurette réchauffée avec le jus du demi-citron qui me restait et de la ciboulette finement hachée. Après, pour servir... c'était un peu dur de faire de jolies tranches comme on voit sur les livres... Plus facile à couper froid, sans doute. Mais c'était bon, au dire des convives... Il en reste un peu, vous venez le finir ?
Pour terminer, photo « printanière » de ma Rose de Noël qui fleurit maintenant ! Le temps change, ici c'est l'hiver au printemps !
Bonnes fêtes.